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À la galerie de la Filature des Calquières, exposition des œuvres tapisseries et tissages de l’artiste Jacqueline SONNET prêtées par ses amis et sa famille afin de lui rendre un bel hommage et dont le souvenir perdure à travers ses créations.
Cette artiste qui avait adopté la Lozère, développa sa pratique entre art et artisanat. Elle aimait expérimenter la richesse du tissage en créant ses couleurs et en mêlant parfois aux fils de laine des matériaux naturels. Dans ses tableaux mais aussi ses vêtements ou ses tapis. Elle travaillait librement ses motifs, passant de formes géométriques pleines de vivacité à des compositions de paysages tout en délicatesse et en harmonie chromatique.
Vivacité des couleurs, lignes délicates, textures variées, bas relief, les tapisseries de Jacqueline SONNET (1953-2003) jouent entre figuration et abstraction et entre tradition et modernité.

 

Cette exposition des tapisseries de Jacqueline Sonnet à la Filature des Calquières présente l' ensemble le plus exhaustif possible de ses pièces, dans ce qu’il a été possible de rassembler  18 ans après la mort de l’artiste. Car Jacqueline tissait en priorité pour les gens qu’elle aimait et connaissait .  Les œuvres montrées sont dispersées chez des particuliers.

C’est donc avec un immense plaisir que nous pouvons voir réunies dans cette exposition ses œuvres –tapisseries murales, tapis, vêtements- dont la mise en présence les unes avec les autres permet de révéler la richesse des coloris et des matières.

 

Jacqueline Sonnet a appris en autodidacte le tissage. Elle a commencé par travailler la laine brute, qu’elle colorait elle même grâce à des macérations d’éléments naturels. Au fil des années, elle a choisi des couleurs plus franches, des laines plus fines et la minutie et la délicatesse de ses motifs se sont précisées. Elle ne préparait jamais de carton et ses tissages avançaient à l’aveugle ; elle ne découvrait le résultat qu’au bout du processus qui nécessitait une très grande attention et des semaines ou des mois de travail.

 

On peut voir différentes références dans son travail. Elle a été marquée par un voyage au Pérou et on peut sentir dans certaines de ces tapisseries une influence de  motifs traditionnels, mais d’autres motifs peuvent nous rappeler aussi la peinture abstraite des pionniers de l’abstraction géométrique en peinture, d’autres encore affirment une figuration libre où sont construits des paysages, des motifs végétaux ou des visages ébauchés. Sans revendiquer des références à l’histoire de l’art, Jacqueline faisait son chemin en liberté en papillonnant entre tradition et modernité, entre figuration et abstraction dans le choix de ses sujets.

 

La pratique du tissage était pour Jacqueline un moyen de concilier le cadre d’une contrainte forte – la nécessité de la trame des fils qui guident- et l’accès à la liberté de la création. La tapisserie a la spécificité de ne pas avoir de support contrairement à la peinture. Elle est motif et support en même temps, ce qui donne une grande autonomie à l’objet. Un tissage peut être pensé comme de l’image en trois dimensions. Jacqueline le pensait parfois comme du bas relief, voire comme de la sculpture. Elle ne se définissait ni comme artisane ni comme artiste, c’était une femme qui expérimentait les matières et les couleurs, une femme qui suivait les trames des fils et improvisait. C’était une femme qui tisse.

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